Coupures en culture – suite
septembre 23, 2008
Vous avez sûrement vu, comme moi, la vidéo de Rousseau, Rivard et Brière au sujet des coupures en culture commises par le gouvernement Harper. Si non, eh bien voilà :
Ce vidéo a plus de liens avec le monde de la chanson et du cinéma, mais, attention! Nous avons aussi une vedette littéraire qui prend la parole contre les coupures!
Un peu simple, comme analyse : “C’est ridicule de couper si peu, si avec l’argent dégagé on peut même pas s’acheter un nouvel hélicoptère”… Ouin, t’as déjà été plus profond que ça, mon Michel… C’est avec ce genre de commentaires que la droite fourbit son argumentaire selon lequel les subventions en culture ne servent qu’à remplir les poches de grosses stars qui n’ont pas besoin de plus d’argent. Mais bon, par la suite, il se rattrape: Il faut investir en culture, parce que c’est bon pour notre économie. Mais nous sommes en élection, il faut tabler pathos!
Montrez-moi de pauvres artistes reconnus à l’étranger qui peinent à payer leur loyer ici, que diable!
septembre 23, 2008 at 6:02
Je n’ai pas écouté la vidéo de Michel Tremblay parce que mon ordi ne me le permet pas, mais son argument comme tu le rapporte, je l’ai déjà entendu et il est bon, à mon avis. (Quoique la référence à l’hélicoptère est superflue, voire désavantageuse). Il consiste à dire que les coupures sont contre productives : La culture n’a pas besoin de beaucoup d’argent, mais l’argent dont elle a besoin, il en a vraiment besoin. Peu d’argent suffit en culture pour faire un bon bout de chemin. Par contre, le même montant est inutile dans les autres domaines où il pourrait être réaffecté.
Quant au pathos qu’il faudrait aller chercher, j’avoue que je ne suis pas sûre de bien cerner l’opinion d’une certaine partie de la population qui votera sans doute concervateur… Selon les messages que j’ai lu sur les tribunes, pour eux,
a)Les artistes roulent sur l’or;
b)Les artistes sont paresseux et les subventions servent à leur permettre de ne pas travailler;
c)la valeur d’un produit culturel se mesure à sa rentabilité, alors inutile de subventionner ce qui n’est pas rentable
d)L’art c’est con.
Autant d’idées-reçues (dont certaines contradictoires) grevées d’une certaine violence symbolique inversée auxquelles il n’est pas simple de s’attaquer efficacement.
M’est avis que montrer Marie Chouinard qui découpe des coupons Métros ne changerait rien à l’affaire.
septembre 24, 2008 at 12:07
Hum… Marie Chouinard qui découpe des coupons Métros… Pas fou…
septembre 24, 2008 at 12:13
Bon. Question d’être plus constructif : Je suis d’accord avec toi. Je m’attendais à tout simplement un peu plus d’éloquence de la part d’un de nos plus grand monstre sacré littéraire, sinon le plus grand. Mais bon, quand on sait que c’est manifestement pour des raisons idéologiques qu’il effectue ces coupures, on aura beau parler d’économie autant qu’on voudra, il s’en branle. Au moins, avec les libéraux, la rationalité avait encore un peu de poid… Bordel, je me dégoûte.
septembre 24, 2008 at 1:23
Argh! Je sais, l’idée de voter libéral m’a même traversé l’esprit pendant une toute petite (oh, si petite) seconde. Peux-tu croire?? Tout simplement par effet de contraste. À côté des Conservateurs, ils font tellement… ben, Libéraux, quoi! (dans le sens classique du terme).
La manoeuvre des Conservateurs est idéologique et même dogmatique. Ce qui me décourage, c’est de constater qu’ils trouvent ici une profonde résonance à leur message irrationnel, fait de peur, de frustration et de fermeture. On savait depuis le raz-de-marée adéquiste que le mythe du Québec exempt de ce terreau était faux.
Face au message plein de pathos des Conservateurs (et je parle ici, aussi, de leurs mesures de censure), qui table sur des non-dits contradictoires (par exemple : je n’ai pas à payer pour les artistes qui roulent déjà sur l’or (pensons Benoit Brière ou Garou) et, à la fois, je n’ai pas à payer pour des band de garages avec des noms sataniques, il me semble que le message le plus subversif serait de répondre par plus de rationalité…
Mais je ne sais pas si j’ai raison, c’est une intuition (ou peut-être juste un goût personnel).
Ou alors, pour aller dans les sentiments, peut-être parler des cours d’art, de musique, de danse pour leurs enfants… (toujours payant, les enfants (et pas tout à fait sans raison)). Partir de là pour réexpliquer l’importance de la culture pour tous.